Prochaine représentation

Jour(s)

:

Heure(s)

:

Minute(s)

:

Seconde(s)

Trouver la compagnie du Koala Vert dans ce nouveau spectacle. J'entends des voix.

Compagnie du

Koala Vert

le Samedi 14 novembre 2026 à 20h30 – Chapelle MontreuilRéservation disponible prochainement

le Dimanche 15 novembre 2026 à 15h00 – Monts sur GuesnesRéservation disponible prochainement

QR code pour réserver la représentation de la pièce de théâtre par la compagnie du koala vert

Actualités

Rendez-vous à Paris

Rendez-vous à Paris

Rendez-vous à Paris ?   Il est l'heure de tout vous dire... Il y a quelques mois, un Koala voit passer un appel à candidature, d'un charmant...

lire plus

Koala… 20 ans déjà

« Tout a commencé par une phrase de ma mère. 

Un soir, elle rentre d’une réunion et me dit, presque comme si elle m’annonçait ce qu’on allait manger le lendemain : « Ils cherchent quelqu’un pour animer deux cours de théâtre pour enfants. J’ai pensé à toi. Si ça t’intéresse, tu as un entretien demain matin à 10h. »

Voilà.

Je sortais d’un bac littéraire option théâtre. Je savais que j’aimais le théâtre. Beaucoup. De là à savoir si j’étais capable d’animer un groupe, de transmettre ou de mettre en scène des enfants… je n’en savais absolument rien.

Mais j’avais envie d’essayer. Alors le lendemain matin, j’y suis allée. Je m’étais préparée, j’avais réfléchi à ce que je pouvais proposer et je me suis vendue comme j’ai pu. Visiblement, plutôt correctement puisque quelques semaines plus tard commençait ma première saison.

C’était en 2006.

Je ne le savais évidemment pas encore, mais ce fameux entretien de 10h allait prendre une sacrée place dans les vingt années suivantes de ma vie.

Deux groupes d’enfants… pour commencer

La première année, il y a deux groupes d’enfants. Et très vite, je découvre quelque chose : j’adore ça. Je découvre aussi que je suis exigeante. Ça, je crois que tous ceux qui sont passés entre mes mains pourront le confirmer !

Dès le départ, je pose un cadre. On peut rire, inventer, proposer, se tromper et recommencer, mais quand on travaille, on travaille.

Parce que pour moi, le théâtre a toujours été un formidable terrain de jeu, mais aussi un espace où l’on apprend à se dépasser.

On crée beaucoup, on invente, on cherche comment donner une place à chacun. Avec les enfants, j’ai toujours aimé les grandes comédies à sketches où tout le monde pouvait trouver sa place : avec beaucoup de texte ou presque pas, avec ou sans danse, très à l’aise ou beaucoup moins.

Puis arrive le premier spectacle.

Le trac. Les coulisses. Les costumes. Les « chut ! », les « c’est à toi ! », les « mais où est-il passé ?! ».

Et le rideau qui s’ouvre.

Là, je suis définitivement mordue.

Dès l’année suivante, les effectifs augmentent. Deux groupes deviennent quatre, puis une section adulte voit le jour.

L’aventure grandit.

De la Maison des Loisirs à 1,2,3 en Scène

Quelques années plus tard, nous avons envie d’aller plus loin et de voler de nos propres ailes. En 2009 naît 1,2,3 en Scène.

Les groupes se multiplient : enfants, ados, adultes… jusqu’à compter une douzaine de troupes. Quand j’y repense, c’était quand même un sacré paquebot !

Des cours toute la semaine, des textes à écrire ou à chercher, des mises en scène, des décors, des costumes, des spectacles à organiser, des plannings, des bénévoles, des parents…

Et énormément de souvenirs.

L’aventure était belle. Très belle.

Et surtout, elle était profondément familiale.

Ma mère était là depuis le début. C’est elle qui avait provoqué ce fameux entretien de 10h, puis nous avions construit 1,2,3 en Scène ensemble.

Je lui devais énormément. Puis arrive 2014. Ma mère nous quitte.

Et forcément, cela remet beaucoup de choses en question.

Est-ce que j’ai toujours envie de faire du théâtre ? Est-ce que cette aventure a encore le même sens ? Est-ce que j’ai envie de continuer au même rythme ?

Au même moment, ma vie professionnelle évolue. Je rejoins un cabinet RH, je découvre d’autres métiers, d’autres responsabilités.

J’ai besoin de faire un pas de côté.

Mais arrêter le théâtre ?

Ça, non.

Je choisis donc de continuer autrement. Je deviens bénévole et je garde les troupes adultes.

1,2,3 en Scène poursuit sa route. D’autres animateurs prennent le relais avec les enfants et les adolescents.

Le paquebot continue d’avancer. Et c’est aujourd’hui l’une de mes grandes fiertés : avoir contribué à créer quelque chose qui a continué à vivre sans nous appartenir.

Puis les irréductibles sont restés…

Au fil du temps, une petite troupe se forme. Un noyau dur. Les irréductibles Gaulois.

Ceux qui ont envie de rester ensemble, de jouer, de progresser, mais aussi de devenir plus autonomes et de construire leurs propres projets.

Alors nous décidons à notre tour de nous émanciper. Et fin 2019 naît « la Compagnie du Koala Vert ».

Le Koala Vert, c’est une bande de comédiens et une metteuse en scène qui croient profondément à la force du théâtre.

Nous montons des spectacles parce que nous aimons jouer, créer, raconter des histoires et faire rire.

Mais nous avons aussi voulu sortir le théâtre de la seule salle de spectacle : entreprises, collèges, lycées, improvisation, théâtre-forum, séminaires, sketches sur mesure…

Finalement, mes deux univers professionnels ont fini par se rejoindre.

Et avec les Koalas, nous avons une règle : essayer d’aller toujours un peu plus loin.

Reprendre une scène. Travailler un détail. Changer une intention. Ne pas se contenter du « ça marche ».

Pas pour péter plus haut que notre cul — comme on pourrait le dire chez nous — mais simplement pour le plaisir de progresser, de performer et de se dépasser.

Bon… créer une compagnie fin 2019 n’était peut-être pas notre idée la plus brillante en matière de calendrier. Quelques mois plus tard : Covid.

Pour une troupe de théâtre qui vient de naître, ça complique légèrement les choses !

Mais les Koalas ont tenu.

Et depuis notre véritable retour sur scène en 2023, les spectacles se sont enchaînés : « Boeing Boeing », « Parfum et suspicion » et, aujourd’hui, « J’entends des voix », notre nouveau spectacle.

Un spectacle qui accompagne une saison forcément particulière pour moi : la vingtième.

Vingt ans, ce sont surtout des visages 

Quand je regarde ces vingt années, je vois évidemment des spectacles.

Mais surtout, je vois des gens.

Je pense d’abord à ma maman. Sans elle, rien de tout cela n’aurait commencé. Elle a eu cette idée un soir, m’a envoyée à cet entretien et a ensuite été à mes côtés pour construire une grande partie de l’aventure.

Je pense à Alain, qui a cru au projet et nous a aidées à faire grandir l’association à ses débuts. À Roro, qui a lui aussi permis à l’histoire de continuer.

Je pense à tous les bénévoles et membres des bureaux qui se sont succédé, qui ont donné de leur temps, cherché des solutions, installé des salles, vendu des billets, géré des plannings, porté des décors et probablement supporté quelques-unes de mes idées un peu compliquées. « Christine, Denise, Dominique, Anne, Thierry, Willy, Élodie, Justine, Maryse, Marie, Fred… »

Et j’en oublie forcément. En vingt ans, la liste est longue, mais la reconnaissance est bien là. Merci.

Un grand merci également à nos sponsors et partenaires, dont le soutien fidèle nous permet de faire vivre nos projets et de continuer à faire monter le rideau, saison après saison.

Je veux également remercier profondément la commune de Saint-Georges-lès-Baillargeaux.

C’est une ville de cœur pour moi, une ville à laquelle je suis très attachée et qui a toujours accompagné nos projets : les salles, les locaux, les besoins matériels, les coups de main et les solutions trouvées parfois au dernier moment.

Merci à Jean-Claude, Anne-Marie, Éric, Corinne, Claire, Stéphane, à Florence et Céline pour les heures passées à l’accueil, à Ghislaine, Guillaume, et à toutes les équipes municipales qui, au fil des années, nous ont fait confiance.

Faire vivre la culture dans une commune, ce sont des spectacles sur scène.

Mais ce sont aussi énormément de personnes qui œuvrent derrière. 

Et puis il y a les comédiens 

Des centaines de visages.

Des enfants devenus ados.

Des ados devenus adultes.

Des adultes arrivés parfois en disant :

« Moi, je ne veux surtout pas avoir trop de texte. »

Évidemment, quelques mois plus tard, ils en avaient.

Des timides qui se sont révélés.

Des grandes gueules qu’il a fallu parfois canaliser.

Des jeunes qui ont découvert qu’ils étaient capables de beaucoup plus qu’ils ne le pensaient.

Il m’arrive aujourd’hui de croiser d’anciens comédiens qui me racontent ce que le théâtre leur a apporté.

De la confiance.

Des souvenirs.

Des rencontres.

Parfois même une manière différente de s’exprimer ou d’oser.

Et ça, forcément, ça me touche.

Mais au fond, ce n’est pas grâce à moi.

C’est grâce à eux.

J’ai créé un cadre. Proposé des textes. Donné quelques consignes. Répété probablement beaucoup trop souvent : « Plus fort ! » « Articule ! » « Prends ton temps ! »

« Écoute ton partenaire ! »

Mais le théâtre est un terrain de jeu.

Après, c’est au comédien de décider ce qu’il en fait.

Alors bravo à eux.

Et merci de m’avoir permis, pendant vingt ans, de continuer à jouer moi aussi.

Les grands spectacles… et les grands bugs 

Vingt saisons, ce sont forcément quelques spectacles qui restent plus fortement en mémoire.

Chez les adultes, je citerais « Dis Papa… », « O Sanchiko », « La Toile », « Espèces Menacées », « On passe à table ».

Chez les ados, « Tabou », « Show Biz Dead », « Avec des Si », des projets qui m’ont particulièrement marquée et qui, je crois, ont aussi marqué les jeunes qui les ont joués.

Et avec les enfants, difficile d’en choisir un seul. Je retiens surtout ces grandes comédies à sketches où il fallait trouver une idée pour chacun et faire en sorte que chaque enfant ait son moment.

Mais vingt ans de théâtre, ce sont aussi quelques grands ratés.
Parce que oui : ça bugue, le théâtre.

Je me souviens notamment d’un spectacle autour des Inconnus.

Les lumières n’éclairaient absolument pas les bons comédiens au bon moment.

Depuis les coulisses, je tentais désespérément de sauver ce qui pouvait l’être en soufflant : « Chut ! Chut ! »

Dans ma tête, cela voulait dire : « Finissez ! Concluez ! Sortez de là ! »

Sur scène, les comédiens ont compris : « Parlez moins fort. »

Ils ont donc parlé moins fort.

Puis encore moins fort.

Les lumières étaient toujours perdues, personne ne savait exactement où nous en étions, et moi je continuais mes « chut, chut » de plus en plus désespérés.

Un grand moment de solitude.

Autre souvenir : un spectacle enfant.

Une petite comédienne doit entrer sur scène.

Elle n’arrive pas.

Je traverse les coulisses en courant et je la retrouve en pleine lutte avec… sa queue de sirène.

Impossible de l’enfiler.

Je ne sais pas si elle m’en veut encore aujourd’hui, mais je crois que je n’ai jamais saucissonné un enfant aussi rapidement dans un costume.

Queue de sirène mise, enfant poussée sur scène : entrée sauvée.

Le public, lui, n’a rien vu.

Et c’est aussi ça, le théâtre.

On pourrait encore parler des chutes, des accessoires qui refusent de coopérer, des trous de mémoire…

Ou, plus récemment, d’un pied peut-être mal placé et d’un cube qui traînait au mauvais endroit.

Même après vingt ans, personne n’est à l’abri.

Une vingtième saison 

Nous voilà donc en 2026.

Vingtième saison.

Écrire ces mots me fait quelque chose.

Parce qu’en 2006, lorsque je suis entrée dans cette salle pour cet entretien de 10h, je n’avais aucun plan.

Je ne savais pas que j’allais créer une association.

Je ne savais pas que j’allais accompagner autant d’enfants, d’adolescents et d’adultes.

Je ne savais pas que j’allais monter autant de spectacles.

Je ne savais pas que le théâtre allait traverser autant de moments de ma vie.

Et je ne savais certainement pas que, vingt ans plus tard, je serais encore là à dire :

« C’était bien… mais on peut faire mieux. On la refait. »

Finalement, certaines choses ne changent pas.

Alors cette année, avec « J’entends des voix », j’ai forcément un regard un peu particulier sur le chemin parcouru.

Je suis fière de ce que nous avons construit.

Fière de voir 1,2,3 en Scène continuer sa route.

Fière de ce que nous inventons aujourd’hui avec les Koalas.

Et surtout profondément reconnaissante envers toutes les personnes qui ont croisé cette aventure.

Vingt ans de théâtre, ce sont des centaines d’heures de répétition, des textes, des décors, des costumes, des fous rires, quelques engueulades, du trac, des applaudissements, des ratés, des réussites et surtout énormément de rencontres.

Alors à ma maman, à Alain, à Roro, aux bénévoles, aux membres des bureaux, aux équipes municipales, aux partenaires, aux parents, aux techniciens, aux comédiens petits et grands, anciens et actuels, et bien sûr à mes Koalas :

 

Merci.

 

Merci d’avoir rendu tout cela possible.

Et dire que tout a commencé par une phrase toute simple :

« Ils cherchent quelqu’un pour faire du théâtre. J’ai pensé à toi. Tu as un entretien demain matin à 10h. »

Comme quoi, parfois, un rendez-vous à 10h peut changer les vingt années qui suivent. « 

Nos Partenaires